La vision d’Action contre la Faim est celle d’un monde sans faim

Les causes sous-jacentes de la malnutrition

Pauvreté

La pauvreté est loin d’être éradiquée. Au cours des deux dernières décennies, le nombre de personnes touchées par l’extrême pauvreté en Afrique sub-saharienne a presque doublé, passant de 164 millions en 1982 à quelque 313 millions en 2002. La pauvreté seule n’engendre pas la malnutrition, mais elle détermine en grande partie la disponibilité ou non de quantité suffisante de nourriture nutritive pour les populations les plus vulnérables. Plus de 90 % des personnes sous-alimentées vivent dans des pays en développement.

L’impossibilité d’accéder à de la nourriture

La plupart des crises alimentaires ne surviennent pas en raison d’un manque de nourriture, mais plutôt parce que des personnes s’avèrent trop pauvres pour accéder à une quantité suffisante de nourriture. Le manque de nourriture dans les marchés, l’accès difficile aux marchés en raison d’un manque de transports adéquats ou de ressources financières suffisantes sont autant de facteurs qui contribuent à l’insécurité alimentaire des populations les plus vulnérables. Les gens sont de plus en plus dépendants des marchés internationaux pour la totalité ou une partie de leur approvisionnement en nourriture, surtout entre les périodes de récolte. Beaucoup de personnes sont de plus en plus vulnérables face aux fluctuations des prix, comme l’a récemment illustré la crise alimentaire mondiale.

Maladies

Certaines maladies et infections, telles que la tuberculose, la rougeole et la diarrhée, sont directement liées à la malnutrition aigüe. La combinaison d’une maladie et de malnutrition affaiblit le métabolisme, déclenchant ainsi un cercle vicieux d’infections et de sous-alimentation, qui entraine en une plus grande vulnérabilité aux maladies.

Le HIV et le SIDA sont parmi les causes principales de malnutrition dans les pays en développement. Un enfant infecté par le HIV est plus vulnérable à la malnutrition qu’un enfant sain. Les médicaments rétroviraux sont plus efficaces quand ils sont combinés à un apport alimentaire régulier et suffisant. Ainsi assurer une diète saine est un aspect aussi important du traitement et du contrôle du VIH. Si l’enfant infecté par le HIV devient fortement sous-alimenté, son état nutritionnel faible augmente ses chances d’infections et peut réduire l’efficacité des médicaments – que ce soit des rétroviraux ou d’autres traitements pour d’autres maladies ou infections. Lorsque sévèrement sous-alimenté, un individu peut ne plus être en mesure de tolérer de médication du tout. La combinaison de la malnutrition, du VIH et du SIDA augmente donc considérablement les chances de morbidité, ce qui élève encore les risques de mortalité chez l’enfant.

Conflits

Les conflits ont un impact direct sur la sécurité alimentaire en compromettant considérablement l’accès à de la nourriture. Souvent obligées de fuir devant l’escalade de la violence, les personnes déracinées par un conflit perdent leurs fermes et leurs commerces ou leurs autres moyens locaux de production de nourriture, ainsi que leurs marchés. Les champs et les fermes abandonnés ne produisent plus de nourriture pour les circuits de distribution plus éloignés. L’approvisionnement en nourriture des distributeurs peut être coupé et l’ensemble des populations en dépendant peuvent ne plus être en mesure de recevoir une quantité suffisante de nourriture.

Changements climatiques

En l’espace de 30 ans, le nombre de désastres naturels – sécheresses, cyclones, inondations, etc. – liés aux changements climatiques ont augmenté de manière significative. Les effets des changements climatiques sont souvent dramatiques, dévastant des régions déjà vulnérables. Les infrastructures sont endommagées ou détruites, les maladies se répandent rapidement ; les gens ne peuvent plus faire pousser leurs récoltes et élever leur bétail. Selon des études des Nations Unies tenues dans plus de 40 pays en développement, la baisse de la production agricole causée directement ou indirectement par les changements climatiques pourrait augmenter drastiquement le nombre de personnes souffrant de la faim au cours des prochaines années.

Manque d’eau potable

L’eau est synonyme de vie. Un manque d’eau potable, un mauvais système d’assainissement et des pratiques dangereuses en matière d’hygiène augmentent la vulnérabilité vis-à-vis des infections et des maladies transmises par l’eau qui sont les causes directes de la malnutrition aigüe.