La vision d’Action contre la Faim est celle d’un monde sans faim

Eau, assainissement et hygiène

L’approche intégrée d’ACF pour soulager la faim ainsi que ses réponses à des situations d’urgence signifie procurer des services d’acheminement et d’assainissement aux individus, et les soutenir ou les former sur les pratiques d’hygiène.

La santé, le bien-être, la dignité et le statut économique d’une collectivité dépendent au premier chef de son approvisionnement durable en eau (y compris eau potable), de sa capacité à se doter d’infrastructures sanitaires, et de la connaissance des pratiques liées à l’hygiène ainsi que de sa capacité à mettre en œuvre ces pratiques.

On estime que 1,5 milliard de personnes n’ont pas accès à de l’eau potable, tandis que 2,6 milliards de personnes (soit 42 % de l’humanité) n’ont pas accès à un système d’assainissement (toilette, etc). Il en résulte près de 3,6 millions de décès chaque année, surtout chez les enfants (chiffres OMS 2002 cités dans OMS 2008) —des morts qu’on pourrait prévenir par des mesures éprouvées, rentables et souvent peu onéreuses. Il en résulte également un préjudice en terme de santé (maladies) et de dignité des populations, qui pèse sur l’économie des états.

ACF a acquis son expertise technique dans le secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène en plus de trois décennies d’interventions sur le terrain, en promouvant de nombreuses solutions réplicables, robustes et appropriées pour les populations à risque d’être privées d’eau (y compris potable) ou d’infrastructures sanitaires. ACF valorise une approche développant un impact mesurable (par exemple sur la réduction quantifiée des maladies diarrhéiques), avec une couverture importante (environ 1,5 millions de personnes ont bénéficié des projets du secteur en 2007), cohérente avec les politiques nationales ou les actions d’autres acteurs humanitaires. L’approche se veut également appropriée aux populations (donc recevable en terme de culture mais aussi de capacité économique à mettre en œuvre les ouvrages et à les maintenir) et pérenne. Enfin, l’organisation s’attache à avoir une réponse rapide en cas d’urgence, avec des coûts d’intervention raisonnables qui permettent la réplication des actions. Les interventions se placent dans la gestion intégrée de la ressource, valorisant une intégration complète entre ressource, environnement et population.

Comment donnons-nous accès à l’eau potable et à l’eau domestique nécessaire à l’hygiène et à l’eau agricole ?

Les projets d’ACF sont guidés par une préoccupation majeure, soit assurer l’accès à de l’eau, en particulier à l’eau potable, ce qui nous amène à :

  • Acheminer de l’eau traitée par camion citerne en situation de crise jusqu’à des sources plus permanentes
  • Purifier les sources d’eau contaminées et les équipant en vue d’une utilisation sans risques pour la santé
  •  Installer des réservoirs d’entreposage de l’eau et des réservoirs extérieurs
  • Creuser de nouveaux puits et forages, ou les réhabiliter
  • Canaliser et en préserver les ruisseaux
  • Construire et réparer des réseaux d’eau, essentiellement en milieu urbain
  • Installer des systèmes d’irrigation et en améliorer ceux qui existent déjà
  • Construire des sites pour donner à boire au bétail

Les systèmes sanitaires, la santé et l’hygiène d’abord

Les programmes sanitaires, de santé ou d’hygiène sont essentiels. Des collectivités entières peuvent tomber malades si l’hygiène est négligée. Des épisodes de choléra et de dysenterie, par exemple, surviennent fréquemment dans des collectivités qui boivent de l’eau contaminée ou qui manquent d’eau pour se laver et d’infrastructures sanitaires comme de simples toilettes. Les maladies infectieuses diarrhéiques entraînent la mort par déshydratation et compliquent les situations nutritionnelles. Outre par l’accès à l’eau, ACF s’attaque à ce problème en construisant des latrines et des bains publics et en mettant sur pied des réseaux d’assainissement pour assurer l’hygiène des collectivités. L’organisation humanitaire est également concernée, au delà des mises en œuvre techniques, par le développement de pratiques d’hygiène adéquates (il est prouvé que le lavage des mains et l’hygiène sont les meilleures armes contre la morbidité diarrhéique, précédant la construction de sanitaires (Fewtrell 2004). ACF installe des systèmes locaux d’assainissement, des réseaux de drainage et des latrines dans les familles, centres de santé et écoles, et améliore ceux qui existent déjà. Elle considère également les alternatives écologiques, latrines sèches, compost, pour minimiser l’impact environnemental.

Rapport de l’équipe du projet du Millénaire des Nations unies sur l’eau et l’assainissement, intitulé « Santé, dignité et développement : comment y parvenir ? » : 

“Le fait que 2,6 milliards de personnes dans le monde soient obligées de déféquer dans des sacs de plastique, des seaux, des trous à ciel ouvert, des champs agricoles ou des endroits publics dans leur milieu de vie, devrait indigner l’opinion publique afin que des mesures concertées immédiates soient adoptées pour étendre l’accès à de meilleures installations sanitaires.”

Les programmes d’Action contre la Faim assurent que les communautés bénéficient des améliorations en eau, assainissement et hygiène.

Programmes durables: offrir des solutions à long terme

Les bénéfices à long terme de nos programmes, néanmoins, seraient difficiles à maintenir sans notre engagement de tous les instants envers la participation collective. Mettre sur pied des services de distribution de l’eau et d’installations sanitaires, c’est beaucoup plus que de mener à bien des travaux techniques. Pour assurer l’appropriation de ces systèmes par les bénéficiaires, il faut compter sur une approche communautaire afin d’élaborer conjointement le projet, d’encourager et de valoriser le travail et le potentiel local, la participation de la population, le sentiment d’appartenance et d’unir les énergies et les ressources. En organisant et en formant des comités pour l’eau dans les collectivités, ACF assure la pérennité de la gestion et l’entretien des systèmes que nous réhabilitons et que nous installons. Dans notre campagne pour vaincre la faim, l’eau potable et le contexte sanitaire sont aussi essentiels que la nourriture, mais seule la valorisation du savoir-faire local peut assurer leur durabilité.

Alors que les besoins globaux à l’échelle planétaire sont d’une ampleur catastrophique, nous savons développer les innovations en terme d’eau et assainissement, promouvoir de meilleures habitudes d’hygiène et apprendre aux populations à utiliser leurs ressources naturelles. A eux seuls, les programmes d’ACF viennent en aide à 4 millions de personnes chaque année; le renforcement de ces efforts est une manière d’améliorer les conditions de vie de ces populations vulnérables à travers le monde, car on observe toujours chez les populations souffrant de problèmes d’accès à l’eau, des taux de morbidité (le fait de tomber malade) et de mortalité plus importants.